Se reconnecter avec soi-même grâce à l’écriture

28 septembre 2015
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Innovations & stratégies

Couper les portables, se réunir par petits groupes dans un lieu dédié, pour écrire sur l’enfant qu’on a été et/ou sur l’enfance en général… C’est l’expérience que mène Angela Portella, auteure, auprès de collégiens et d’étudiants. Se reconnecter avec soi-même, booster sa créativité, améliorer son niveau de français, lâcher-prise… et si pour obtenir tout ça à la fois, le secret, c’était de réemprunter le chemin de l’enfance ? Témoignages.

« Rédiger une lettre à l’enfant qu’on a été, ou bien décrire un lieu de notre enfance… Je dois avouer qu’au début, je n’y croyais pas !  On a à peu près tous pensé la même chose : C’est vrai que l’idée pouvait surprendre. Pourtant, on y a très vite pris goût. Pendant plusieurs mois, on s’est réunis par petits groupes et c’était incroyable de travailler sans en avoir l’air… On pensait tous qu’on ne réussirait à rien, que parler de l’enfance de façon si régulière, ce n’était tellement pas habituel, que rien ne sortirait. Et puis, face au silence, on s’est lancé. Et là… c’était fou ! Même ceux qui détestent écrire étaient inspirés. C’était comme si, d’un seul coup, on arrivait à sortir de nous-même, comme par magie. »

« Je crois que c’est le fait d’écrire ailleurs que dans la salle de cours, et d’être en petit comité qui nous a débloqués : ça change des cours traditionnels. » « Et puis il y a autre chose aussi : le fait d’être libre. Ne pas être obligé, ça change tout. Alors, chaque semaine, cet atelier, c’est devenu : notre espace de liberté. »

Pas étonnant que les établissements de formation, et même les Grandes Ecoles, s’y intéressent de plus en plus. « Mes rêves d’enfance(s) », ça permet de regarder dans le rétroviseur et de retrouver son enfance. De faire un point avec soi-même. Apprendre à mieux se connaître, à se « reconnaître », tout en s’amusant : « c’est juste génial ». A écouter les élèves, cet exercice d’écriture, dans un cadre atypique, cela permet à chacun de trouver, ou bien de cultiver, l’estime de soi, mais aussi, de s’ouvrir à l’autre. Bref, de gagner en confiance. « Tous ces mots que l’on entend souvent : croire en soi, être proactif,  parler vrai… D’un seul coup, en évoquant notre enfance, en étant le centre du sujet, celui ou celle dont on parle, ça donne du sens à ce qu’on fait, et à ce qu’on voudrait faire. »

3 questions à….Angela Portella, auteure, créatrice des ateliers « Mes rêves d’enfance(s) »

angela portellaPourquoi ce titre avec un pluriel entre parenthèses ?

Parce que  l’enfance est unique, et pourtant multiple. Comme on peut avoir plusieurs vies dans une vie, on a plusieurs enfances dans son enfance ! On n’écrit pas de la même manière sur son enfance à 13, 21, 30 ou 50 ans, car selon les périodes de la vie, on ne mobilise pas la même enfance pour avancer. C’est ce qui rend l’exercice intéressant. Se rendre compte qu’en fonction de là où l’on en est dans son parcours, on ne place pas le curseur de son enfance au même endroit.

Cela s’apparente à un travail d’analyse ?

Pas du tout. L’intention de départ n’est absolument pas analytique. Le cheminement de ces ateliers est de libérer la parole à travers l’écriture avec deux conditions essentielles : le plaisir et le bien-être. On écrit à partir de souvenirs « éveillés », de façon poétique, ou pas, mais  toujours avec comme objectif de cultiver les madeleines de Proust de son enfance. Le postulat de départ c’est : déconnectez-vous, faites-vous plaisir, lâchez-vous ! Soyez aussi en colère ou nostalgique si vous le voulez mais à une seule condition : soyez vous-même ! Est-ce que l’on nous apprend, dans le système éducatif actuel, à être nous-même ? Je ne crois pas… Ces ateliers constituent une petite compensation, un mini-espace, pour être soi, tout en travaillant la langue !

Proposez-vous ces ateliers uniquement au sein d’établissements scolaires ?

Non pas seulement. S’il est vrai que la construction du parcours professionnel n’est jamais très éloignée de l’enfance, et que les étudiants ont tout intérêt à rester connectés avec eux-mêmes s’ils ne veulent pas se perdre, et dans le pire des cas, passer à côté de leur vie, le monde de l’entreprise n’est pas en reste. Beaucoup de salariés souffrent au travail, et l’idée de se reconnecter avec soi entre midi et deux, ailleurs que dans une salle de sport, commence à faire son chemin. La formule est actuellement en test au sein du comité d’entreprise d’Accenture.

Plus d’infos : www.mesrêvesdenfances.fr. Contact : aportella@cedilla.fr.


Commentaires

  1. excellente idée ces ateliers, il est très important pour tous de retrouver le chemin de l’enfance pour savoir qui l’on est vraiment, c’est la clef du bonheur…en tout cas moi ça me parle ! je vais faire passer l’article à mes contacts en bibliothèque de la ville de Paris, bonne continuation bisous Silvana

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