Les MOOC : révolution
ou effet de mode ?

22 novembre 2013
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Innovations & stratégies

So Youth ! vous conseille la lecture d’un article.

Thierry Karsenti, 2013. Les MOOC Révolution ou simple effet de mode ? Revue internationale de technologies en pédagogie universitaire – 2013 – Vol. 10 – Numéro 2 Pages 6 à 22

Résumé

Les MOOC (massive open online courses) ou les CLOM (cours en ligne ouverts et massifs) connaissent une popularité exponentielle en Amérique et ailleurs, réunissant aujourd’hui dans le monde près de 20 millions d’apprenants issus de plus de 200 pays. Thierry Karsenti[1] dresse un portrait critique de leur développement en enseignement universitaire, en s’appuyant sur la littérature scientifique, encore peu étendue à ce jour, qui lui est consacrée. Question centrale : les MOOC constituent-ils une révolution ou un effet de mode ?

Afin d’y répondre, T. Karsenti relate leur histoire en montrant qu’ils ne sont finalement pas si innovants (leurs avantages sont inhérents aux formations à distance), puis présente les principaux acteurs de leur mise en œuvre, en soulignant la fragilité de leur modèle économique qui nécessite d’importantes ressources financières. Il s’attache ensuite à décrire leurs contenus, leurs méthodes pédagogiques– dont l’évaluation – et leurs résultats connus.

Ce tour d’horizon permet aux observateurs et commentateurs « techno-enthousiastes » de renouer avec la réalité. L’auteur nous invite à prendre de la distance avec l’imaginaire que nous associons à cette nouvelle forme d’éducation : la démocratisation du savoir universitaire, gratuit et libre d’accès pour tous.

Résumons les avantages et les limites qui constituent autant de défis pour le développement des MOOC.

Avantages :

  1. Les enseignements sont gratuits et rendus accessibles à tous, ce qui supprime la problématique des droits d’inscription
  2. Les formations proposées peuvent être asynchrones : pas de contrainte de temps ou d’espace notamment pour concilier travail-famille-études
  3. Les présentations vidéo des cours des professeurs sont une véritable innovation ; elles seraient pour certains considérées comme les nouveaux manuels scolaires du XXIe siècle
  4. La pédagogie permettrait de développer l’autonomie des étudiants (certaines études, au contraire, mettent en évidence la passivité des inscrits …)
  5. Accéder aux contenus d’une université prestigieuse est source de satisfaction
  6. Le MOOC procure des retombées marketing valorisantes pour les universités : visibilité, innovation, adaptabilité, philanthropie…
  7. Le MOOC peut donner l’opportunité de tester les étudiants pour recruter les meilleurs
  8. Le MOOC peut être un lieu d’expérimentations de nouvelles méthodes pédagogiques ou de nouveaux cursus
  9. Le format du MOOC peut préparer les jeunes à la société de l’information au sein de laquelle les technologies sont omniprésentes

Limites :

  1. Moins de 3% des étudiants réussissent à l’examen final
  2. La gratuité présente des limites : apparition de diplômes payants aux Etats-Unis, vente suggestive (payer pour obtenir des crédits supplémentaires, à condition toutefois de participer à des examens)
  3. La mise en place des MOOC demande des ressources financières importantes avec le risque de creuser encore les inégalités entre les universités d’élite et les autres
  4. La réalisation d’un MOOC reste très chronophage pour les professeurs
  5. Nécessité d’une infrastructure informatique robuste
  6. Peut-on parler d’enseignement quand on ne communique pas avec les étudiants ? Les interactions sont rendues possibles par la technique mais peu nombreuses dans la réalité. Et surtout, le nombre d’étudiants inscrits peut être très étendu (300 000 apprenants pour un cours d’informatique dispensé par Udacity ! Record actuel !)
  7. Les étudiants ne participent pas aux forums de discussion, ce qui remet en question l’idée d’une communauté d’apprentissage
  8. Les travaux des apprenants sont évalués par des machines ou par leurs pairs, ils ne sont jamais commentés par des professeurs
  9. Lorsque les crédits universitaires sont en jeu, les examens se déroulent in-situ (limites logistiques et géographiques)
  10. La gratuité se ferait au détriment de la qualité pédagogique
  11. Quid de la propriété intellectuelle des contenus ?

Thierry Karsenti rappelle en conclusion que « ce ne sont ni les technologies ni les MOOC qui favoriseront la réussite de étudiants universitaires, mais bien les usages qui en seront faits. Les MOOC n’ont leur place en enseignement postsecondaire que s’ils participent aussi à la mission des universités ».

So Youth ! vous invite à consulter l’article en cliquant ici.


[1] Thierry KARSENTI, M.A., M.Éd., Ph. D. Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies en éducation, Professeur titulaire, Faculté des sciences de l’éducation, Université de Montréal.


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